jeudi 10 avril 2008

La nuit je mens, je m'en lave les mains

On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fait l'amour
J'ai fait le mort
T'étais pas née
A la station balnéaire
Tu t'es pas fait prier
J'étais gant de crin, geyser
Pour
un peu, je trempais
Histoire d'eau
La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains
J'ai dans les bottes
Des montagnes de questions

Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
J'ai fait la saison
Dans cette boîte crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
D'estrade en estrade
J'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de loulous
Dynamiteur d'aqueducs
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément

J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour à des murènes
J'ai fait l'amour
J'ai fait le mort
T'étais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains à travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho
La nuit je mens...

Alain Bashung

mardi 8 avril 2008

Maladresse et naufrage


mardi soir. le poulet d'hier soir a imprégné l'appartement. mes fringues qui séchaient. la serviette sur le chauffage. la manie des fenêtres ouvertes même en hiver. le refuge après la foule. aujourd'hui dans Le Monde il y avait une enquête sur la ligne 13, la ligne de métro la plus fréquentée de la Ratp.
Un conducteur raconte : "Lorsque j'entre dans la station, je vois la foule agglutinée, les pieds des premiers rangs sur le bord du parapet. Parfois j'éprouve un sentiment de honte." Un usager : "On laisse passer un métro, puis un autre. Finalement, on se lance. On pousse, on lutte, on se trouve un espace vital dans la bétaillère."

La lutte urbaine, pour ces "naufragés de la ligne 13", par Benoît Hopquin.

lundi 7 avril 2008

Héritage, conspiration et whishy

Trois films en deux jours, week-end gris, glacé, trempé.

L'heure d'été, Olivier Assayas (Fr., 2008)
MK2 Beaubourg, samedi 19h45.
Cette heure où leur mère meurt, et qu'ils doivent gérer le patrimoine, les secrets et les souvenirs. On aurait bien aimé faire des chambres d'hôte dans la ferme de mon grand-père. Marcher sur ses terrains. Personne ne peut gérer ça. Tout va être dilapidé. Sûrement des Anglais amoureux du terroir, du Périgord noir.
On ne fera plus attention à la chienne, quand on ouvrait le portail rouillé.

Délivrez-nous du mal, d'Amy Berg (US, 2008)
MK2 Beaubourg, dimanche 13h25.
La pédophilie la plus crue, la plus sordide, celle de l'Église catholique, ignorée par les plus hautes sphères de l'évêché, de toute la communauté. Des familles entières décimées par l'effroi, la honte, la douleur. Des témoignages glaçants, prêtre prédateur, hiérarchie solidaire, de sa petite paroisse à Benoît XVI, accusé aujourd'hui de masquer la tragédie, véritable fléau de la religion catholique.


3h10 pour Yuma, James Mangold (US, 2008)
MK2 Quai de Loire, dimanche 19 heures.
Pluie battante. Chocolat chaud. Russel Crowe en chef de gangsters période cow-boys et indiens. Ce film donne envie de boire du whisky dans les saloons, de monter à cheval dans les prairies américaines où le train n'est pas encore passé. Avec Baptiste, on s'est dit qu'en février 2009, on serait à Los Angeles. Lui barman, et moi à servir du café. Le rêve américain avant qu'on soit trop vieux.

Mais toi.

Bientôt ce sera fini. Cette cour d'école d'où j'entendais les cris de récré, la cloche de 10h15, les matchs de foot pendant le cour d'EPS.
Une fois on s'était allongés sur mon lit. La fenêtre à peine ouverte. Juste un peu de vent sur le visage. On était timides, j'y croyais à peine, j'avais peur de lui, je me suis laissée fasciner pendant des semaines. Avec l'hiver, j'ai fermé la fenêtre, et il a disparu. C'est ce que j'aimais chez lui, la disparition.

Fenêtre embuée


Ici le linge sèche à l'intérieur. Ici il neige en avril. La nuit du 6 avril. L'hiver est long. Le ciel gris acier. Je me souviens qu'il était venu en août. Les fenêtres étaient encore ouvertes. Pâtes-caviar de tomates. Il faisait lourd. Mogwai avait commencé et on était sur le bord de la route à marcher comme des cons. Entre les camions et la chaleur assommante. Tout ça au fond n'avait été qu'un échec, une tâche de vin sur un pantalon blanc. J'avais perdu mon foulard gris, celui qui allait si bien avec le vert.
Je rêve de draps blancs battus par le mistral. De pieds nus sur les aiguilles de pin. De vent, de soleil sur la nuque. D'une bière en terrasse avec lui. C'est bien fini pourtant. Des mois sans nouvelles. Quelques blagues sur Facebook. Exhibons notre linge.

dimanche 6 avril 2008

Sanglant, charbonneux, lacté



Un lit et des draps blancs. Un garçon pieds nus concentré sur sa guitare, bouche ouverte. Des photos, des carnets, des livres éparpillés. Une fille brune en pantalon rouge. Le regard provoc, désabusé, genre "lâche-moi tu me veux quoi?" Des plumes de paon dans le coin près de la fenêtre. Une table basse collée au lit, sur laquelle trônent une bouteille, des tasses, un genre de tableau où se mêlent photos et écritures. Un débardeur qui semble être pendu à la porte.

ROUGES. The Kills/ Le pantalon de la fille/ Les tasses/ Les écrits sur le tableau/ La bouche de la fille/

BLANCS. Les draps, le mur du fond./ Le teint de la fille./ Le tableau./

NOIRS. Midnight Boom./Les cheveux du garçon, ses cernes, sa bouche. /Les cheveux de la fille, ses yeux. / Les vêtements du garçon, les carnets sur le lit. / Le débardeur./ Les plumes./


BLEUE. La lumière de la fenêtre. ça fait comme le drapeau français, me fait remarquer Clément. Bleu, blanc, rouge. On pourrait dire alors l'Union Jack.

C'est un disque noir, blanc et rouge. Sanglant, crade, jouissif. Avec la toux grasse des lendemains de soirée. Bleu comme un lendemain.
I want you to be crazy cause you're boring baby when you're sane. (in "Cheap and Cheerful")

You've got to go straight ahead
You've got to, you've got to go straight ahead (in "Tape Song")
J'entendais "You have ghosts in your head".

Midnight Boom, the Kills, actuellement en boucle sur ma JVC. Cet album me fait du bien. Je me l'approprie. Je ne l'avais pas encore fait en 2008.